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La polyarthrite rhumatoïde (PR)
et la spondylarthrite ankylosante (Sp.a) sont deux maladies différentes, ayant
chacune des caractéristiques particulières. Il n’y a pas de « déviation »
possible de l’une vers l’autre, mais le diagnostic peut hésiter au début
entre les deux, ce qui paraît avoir été votre cas.
Dans la sp.a, les hommes sont
touchés cinq fois plus fréquemment que les femmes (un homme pour 3-4 femmes
dans la PR).
La sp.a, dans sa forme classique
touche environ 1 pour 1'000 de la population générale (1 pour 100 dans la PR).
Sur le plan héréditaire, on
constate une agrégation familiale plus nette que dans la PR. L’antigène
tissulaire HLA-B27 est présent chez plus de 90 pour 100 des patients (pour 7
pour 100 de la population générale).
Sur le plan clinique, la PR est
essentiellement une maladie des articulations périphériques, alors que la Sp.a
est essentiellement une maladie de la colonne vertébrale et des articulations sacro-iliaques.
Toutefois, dans 20 pour 100 des
cas, les premiers symptômes de la Sp.a peuvent concerner certaines
articulations périphériques. Il s’agit surtout des articulations des membres
inférieurs. On considère comme très caractéristique de la Sp.a l’atteinte du
talon (douleur inférieure de la fasciite plantaire ou douleur postérieure de
l’insertion du tendon d’Achille), de la symphyse pubienne ou encore du
sternum (articulation manubrio sternale), et surtout des articulations
sacro-iliaques.
On peut observer également dans
ces formes de Sp.a des atteintes de la peau (psoriasis), des muqueuses buccales
ou génitales, des conjonctives ou de l’iris.
Le diagnostic de Sp.a est suspecté
sur la base des manifestations cliniques susmentionnées. Il est confirmé
par les éléments suivants :
- absence de facteurs rhumatoïdes
- présence de l’antigène HLA-B27
- signes cliniques positifs pour une atteinte des
articulations sacro-iliaques
- démonstration d’une sacro-iliite par la radiologie
conventionnelle ou par les nouvelles méthodes d’imagerie
Le diagnostic une fois établi, la
surveillance de l’évolution se fait sur des critères cliniques et sur le
contrôle de la vitesse de sédimentation.
Les érosions qui peuvent être
constatées radiologiquement au niveau des insertions (calcanéum) ou des
articulations sacro-iliaques, ou encore de certaines articulations
périphériques, n’ont pas le même caractère destructeur que dans la PR, si bien
que les contrôles radiologiques peuvent être espacés : ils révèlent le
plus souvent des phénomènes de réparation pouvant aller jusqu’à des ponts
osseux.
Le traitement que vous recevez est tout à fait
adéquat. A noter que, si une certaine raideur vertébrale est constatée (au
niveau lombaire), il convient d’ajouter au traitement médicamenteux une
physiothérapie spécialisée. |