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La
polyarthrite rhumatoïde est une maladie fréquente. Il est donc compréhensible
que les chercheurs se soient tournés vers des études épidémiologiques
pour mieux comprendre l’étiologie de cette maladie. Ces recherches se sont
orientées dans deux directions principales :
Des études
familiales pour préciser les influences génétiques,
Des études géographiques
pour établir la fréquence de la maladie et démontrer le rôle éventuel de
facteurs raciaux, climatiques, etc…
Votre
intérêt se porte précisément sur ces études géographiques. Mais la valeur de
ces études reste limitée, pour toute une série de raisons.
- Pour
être valable une telle étude devrait comporter l’interrogatoire et l’examen
de chaque sujet par un médecin spécialisé, des radiographies des mains
(au moins) et une prise de sang pour examen sérologique. Ceci est
difficilement réalisable sur une grande échelle.
- Le
collectif examiné devrait être représentatif : la fréquence de la
maladie est différente si l’on examine une collectivité dans son ensemble, ou
la clientèle d’un médecin praticien, ou un collectif hospitalier. Du fait que
cette maladie n’est pas soumise à une déclaration obligatoire aux institutions
sanitaires officielles, on ne dispose pas de statistique nominale.
- Les
critères de diagnostic doivent être précisés. Or, en 1956, il n’y avait pas de
critères reconnus sur le plan international. Les premiers critères de l’ARA
ont été publiés en 1956 et 1958 : ils permettaient de distinguer une polyarthrite
classique (au moins 7 critères), définie (5 ou 6 critères) ou probable
(3 ou 4 critères). Ces critères « élastiques » ont conduit à des
estimations excessives : la prévalence de la polyarthrite classique,
définie ou probable serait de 1 à 4 % chez la femme de 0,5 à 2 % chez l’homme !
Avec des critères plus sévères, dits de New-York (1966), la prévalence est
évaluée à 0,5 % chez la femme et 0,1 % chez l’homme dans une population du
Massachussetts, ce qui est probablement trop faible.
- Les
études régionales démontrent des résultats discordants avec par exemple 3 % de
polyarthrites définies à Heinola (Finlande), contre 0,3 % à Pittsburgh. Il n’en
reste pas moins que dans les pays du Nord-Ouest de l’Europe, entre 50 et 60 %
de latitude nord, la prévalence est, de façon répétée, plus élevée que dans les
rares études faites dans les pays tropicaux.
- Si
l’on compare ces études régionales, il faut tenir compte du niveau de qualité
des médecins spécialistes locaux, qui influe sur le nombre de diagnostics
positifs.
- La
polyarthrite pouvant commencer à tout âge, il faut tenir compte de l’espérance
de vie du collectif concerné puisque la fréquence va augmenter avec l’âge.
Compte tenu
de ces réserves, nous pouvons vous renvoyer aux chiffres récents donnés dans
les traités de rhumatologie, par exemple :
A.Ryckewaert – Rhumatologie –
Flammarion
D. Mc Carty – Arthritis and allied conditions ,
Lea and Febiges, Philadelphia
P.A. Dieppe – Rheumatology – Mosby USA
Dans ce
dernier volume, édition 1994, nous trouvons les chiffres suivants :
Prévalence de PR définie
en %
| Amérique
du Nord |
| Etude
nationale US |
1,0
|
|
Indiens Chippewa
|
5,3
|
|
Inuit Canada
|
0,6
|
|
Eskimos Inupiat
USA
|
1,0
|
|
Indiens Pima
USA
|
5,3
|
|
Europe
|
|
Bulgarie
|
0,8
|
|
Danemark
|
0,8
|
|
Angleterre
|
1,1
|
|
Finlande
|
2,0
|
|
Hollande
|
0,9
|
|
Asie
|
|
Chine
|
0,3
|
|
Japon
|
0,6
|
|
Afrique
|
|
Liberia et
Nigéria
|
0,1
|
|
Afrique du
Sud (villes)
|
0,9
|
|
Afrique du
Sud (campagne)
|
0,1
|
|