Mon
histoire est l’histoire d’une vie de future maman qui avait tout pour être rose
et sans nuages, en avril 2000 j’accouche
d’un magnifique petit garçon par césarienne, tout se passe normalement jusqu’au
mois de juin en allant chez le pédiatre de mon fils j’attrape une varicelle, il
fallait que cela tombe sur moi à 39 ans je me suis dit que le seul risque
c’était mon bébé qui allait l’avoir aussi.
En effet
au bout de quinze jours mon beau petit bébé de deux mois et demi ressemblait à un petit monstre tellement il
avait de boutons.
Les
problèmes ont commencé pour moi, je suis
devenue quelqu’un d’autre, plus de force pour prendre mon petit bout dans mes bras encore moins pour serrer les
bagues des biberons, je me suis crue dans un mauvais film, en l’espace de
quelques jours impossible de m’asseoir ni de marcher, un calvaire, le poids de
mes vêtements me faisait souffrir, mon mari et ma famille se limitaient à
m’observer et pensaient je ne sais quoi, malgré ma souffrance je ne voulais pas
que l’on me prive du privilège de m’occuper de mon fils, j’avais la sensation
qu’il me donnait le courage d’affronter ce monstre qui grandissait en
moi.
Mais un
jour après presque trois mois d’horribles souffrances, et suite à des
analyses le monstre avait un nom,
polyarthrite r.a. positive, et voilà, à partir de ce moment on pense que l’on
va vous donner un traitement pour que votre mal soit moins fort, je me suis trompée ce monstre que je ne
voulais pas ne voulait pas non plus des traitements que mon médecin spécialiste
me prescrivait. La bataille fut dure toute la panoplie est passée le cortancyl,
était l’unique médicament que mon organisme acceptait, arava m'a fait perdre 10kg
en quinze jours et j’en passe, les douleurs avaient disparus mais moi je
partais avec.
Plus de
18 mois de lute pour trouver enfin le plus simple une association de cortancyl
et plaquénil
Je suis
suivie pour mes yeux tous les six mois, depuis quatre ans la vie n’est pas drôle,
mon monstre continue ses attaques et me ronge moins souvent mais il est là, je
voudrais en faire un ami puisqu’il fait partie de moi, mais il est impossible
de traiter en ami une chose qui vous empoisonne le vie de tous les
jours.
Mon fils qui a maintenant quatre ans me dit
très souvent « allez maman tu n’as plus mal aux mains ni aux genoux viens jouer
avec moi, tu vois je suis magique », je ne sais pas ce que je serais devenue
sans ce petit bonhomme qui me donne du courage tous les jours, je me bats contre
cette maladie pour lui, mais il y a des jours ou se lever, s’habiller et
accomplir les gestes les plus simples sont une bataille que l’on voudrait
gagner.
A mon
avis nos enfants nous acceptent plus facilement avec notre maladie, que nos
conjoints, le mien a profité d’une rémission de ma maladie pour se trouver une
maîtresse, maintenant j’ai compris pourquoi on appelle la polyarthrite la
briseuse des couples. En ce moment je suis de nouveau en pleine poussée j’espère
que cela finira par se calmer. Des jours meilleurs viendront, je regarde mon
petit garçon et je vois en lui la force et la santé que je n’ai plus et je suis
heureuse. Mon mari lui a choisi de rester, je ne lui pardonne pas, il le sait. Je sais aussi qu’il m’en veut
d’avoir cette maladie, comme si je l’avais choisie sur catalogue. Mais ce qu’il
ne voit pas c’est que malgré ma maladie je donne encore le meilleur de moi même,
c’est à dire l’amour et
l’effort.
A tous
et à toutes qui vivent avec la polyarthrite bon
courage !