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Le diagnostic
d’une polyarthrite rhumatoïde débutante est toujours difficile…Le médecin pense toujours à la possibilité d’un
tel diagnostic, mais il se peut qu’il n’en parle pas à son malade avant d’avoir
des arguments décisifs.
Chez une femme de 40 ans qui présente une
difficulté de flexion d’un seul doigt (chez vous le majeur gauche, mais
seriez-vous gauchère ?) on pense en premier lieu à un problème local, la tendinite des fléchisseurs de ce doigt.
La déviation de ce doigt (vraisemblablement une
déviation axiale en direction du côté cubital de la main) est déjà suspecte. Ce
qui l’est encore plus, c’est l’extension
des symptômes à d’autres doigts et même à l’autre main, puis les tests de l’inflammation (VS et CRP).
Un diagnostic de certitude est nécessaire avant
d’établir un plan thérapeutique. Pour arriver à cette certitude, nous vous
proposons les directions suivantes :
- L’examen rhumatologique spécialisé
permet déjà de mettre en évidence des éléments caractéristiques : -
tuméfaction élastique de l’enveloppe articulaire, épaississement parfois
nodulaire des tendons fléchisseurs, empâtement du dos du carpe et
épaississement transversal, limitations de certaines amplitudes de
mouvement, etc…
- Si
cet examen clinique n’apporte pas la certitude, on fait appel aux techniques d’imagerie. Parmi ces
techniques, c’est la résonance
magnétique (IRM), qui est la plus performante, surtout si elle est
associée à une injection de gadolinium, qui met en évidence l’inflammation
articulaire.
- Le
latex et le Waaler-Rose ont été employés comme indicateurs, mais ils ne
sont pas spécifiques (ils peuvent être positifs dans d’autres situations
et même pour le Latex en dehors de toute situation pathologique). On donne
actuellement la préférence à la recherche des anti-CCP (test à la Filagrin mis au
point ces dernières années). Ce test à une spécificité beaucoup plus
grande que les tests précédemment utilisés.
Ce diagnostic de certitude est pour vous
l’étape indispensable. Nous ne pouvons pas vous parler de la « suite des
événements » avant cette réponse.
Vous nous parlez aussi des fourmillements
nocturnes des mains. Ces symptômes évoquent une souffrance du nerf médian dans
le canal carpien (où passent les tendons fléchisseurs). On peut rencontrer
aussi ces fourmillements en dehors de la polyarthrite (grossesse, ménopause,
surcharge mécanique de ces tendons, etc…) |