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Au
vu du rapport détaillé que vous donnez sur vos plaintes douloureuses et sur les
manifestations objectives, nous concluons à une oligo-arthrite asymmétrique ( avec tuméfaction spectaculaire d’une
articulation interphalangienne ) et à des dorsalgies
( ou peut-être des dorso-lombalgies ) à maximum nocturne.
Nous
ignorons le résultat des radiographies du rachis et des sacro-iliaques, qui ont
certainement été faites ( sacro-iliite ? ) et nous ne savons pas si vous
avec remarqué, ou si votre rhumatologue a pu déceler une raideur rachidienne.
L’ensemble est cependant évocateur d’un rhumatisme psoriasique ( qui peut
exister sans psoriasis ) , d’autant plus qu’il y a une anamnèse familiale qui
va dans ce sens. L’examen attentif des ongles et des radiographies des doigts
pourrait apporter des arguments supplémentaires.
Le traitement que vous avez reçu jusqu’à présent
correspond tout à fait aux directives des services universitaires de rhumatologie.
Après échec des AINS et du Methotrexate, c’est à dire si la maladie reste
active sur le plan clinique et biologique, il est parfaitement judicieux, chez
un patient jeune d’envisager d’y ajouter un traitement anti-TNF comme l’Humira.
Complément
Les
photographies que vous nous avez envoyées mettent en évidence au niveau du
majeur droit une tuméfaction nette de l’articulation basale (
métacarpo-phalangienne ) et de l’articulation inter-phalangienne proximale (
AIPP ) , ce qui correspond à une dactylite avec aspect de « doigt en
saucisse » ( excusez-moi ! ) . ,
Cette image peut être compatible avec une localisation de rhumatisme psoriasique, mais il peut y avoir
d’autres causes plus rares.
En
ce qui concerne les ongles, les clichés ne sont pas assez nets pour y
reconnaître les signes caractéristiques d’une atteinte de la matrice unguéale (
ongles en dé à coudre ou striures ). En revanche, nous ne voyons pas de
décollement unguéal ( onycholyse ). Sur le cliché montrant deux doigts sur
toute la longueur, on croit reconnaître une légète déformation en verre de
montre. En général, une dactylite persistante se révèle sur les clichés
radiologiques sous la forme de petites érosion, d’épaississement périosté ou de
prolifération localisée. Est-ce que celà pourrait correspondre à votre
formulation « mis à part le doigt qui est atteint » ?
Revenons
à l’interprétation des radiographies vertébrales : s’il y a une séquelle
de maladie de Scheuermann à la base, l’interprétation est plus difficile, car
il faut faire la différence entre des ostéophytes générés par le trouble de
croissance vertébral et des syndesmophytes en relation avec une éventuelle
atteinte inflammatoire. Une mesure précise de la mobilité de chaque segment
vertébral pourrait apporter des éclaircissements.
Le Methotrexate est connu pour avoir une certaine
hépatotoxicité, raison pour laquelle un contrôle régulier des tests hépatiques
est recommandé. Par contre, ce traitement ne peut pas expliquer des douleurs de
la loge rénale. |