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De
la lecture de votre question, nous déduisons que vous souffrez d’une
polyarthrite séro-positive (ce qui veut dire que la recherche du facteur
rhumatoïde est positive) mais non-érosive (donc sans érosions osseuses
démontrées sur les clichés radiologiques des mains et des pieds).
La
polyarthrite rhumatoïde est caractérisée par une inflammation synoviale
d’origine immunitaire. Cette inflammation concerne aussi bien la synoviale
articulaire que la synoviale tendineuse. A priori, il est tout à fait
admissible que la ténosynovite puisse être isolée. Il faut préciser cependant
que l’inflammation de l’enveloppe
synoviale des tendons extenseurs des doigts est facile à reconnaître sur le dos
de la main, alors que la synovite des petites articulations du carpe est plus
difficile à démontrer dans sa phase initiale, à l’examen clinique. Dans de
nombreux cas, il est nécessaire de faire appel à des techniques particulières
d’imagerie.
Le diagnostic définitif doit faire appel à toute une
série de critères anamnestiques, cliniques, biologiques et radiologiques.
Complément
La
recherche des anticorps anti-CCP est un nouveau test de diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde, qui vient compléter les
renseignements fournis par la recherche du facteur rhumatoïde. Une étude portant
sur 1025 patients (American College of Rheumatology), novembre 2006, démontre
que 80% des sujets positifs pour anti-CCP avaient une polyarthrite rhumatoïde,
alors que 56 % seulement des sujets positifs pour le facteur rhumatoïde avaient
cette même affection. D’autre part, 21% des PR négatives pour le facteur
rhumatoïde avaient une positivité pour les anti-CCP, ce qui démontre la valeur
diagnostique de ce test.
Mais
il ne s’agit que d’un test diagnostique, sans signification
en ce qui concerne l’évolution de la
maladie. Nous ne pouvons pas répondre à votre question car il n’est pas dans
les habitudes de répéter plusieurs fois ce test en cours d’évolution.
Il est connu que des traitements comme le Methotrexate
et les biothérapies (Enbrel par exemple) diminuent la résistance de l’organisme
envers les infections, d’où l’utilité d’une vaccination contre la grippe. En ce qui concerne le
Methotrexate, on a évoqué une baisse de
la réaction vaccinale (autrement dit
une moins bonne efficacité de la vaccination) pendant un traitement de Methotrexate, mais ceci n’est pas démontré. Pour ce qui est des traitements biologiques, deux communications au congrès cité
ci-dessus rapportent que le traitement par l’adalimumab et par le rituximab (deux
traitement biologiques de la même catégorie que l’Enbrel) n’ont pas démontré d’influence sur la vaccination
anti-grippale. Dans les documents relatifs à l’Enbrel, nous n’avons pas trouvé de restrictions concernant la vaccination anti-grippale. Par contre,
l’administration de vaccins vivants est formellement contre-indiquée.
Complément 2
Dans
votre dernier message, vous nous posez deux questions bien différentes, que
nous allons essayer de traiter successivement. La première concerne les anti-CCP. Vous nous demandez plus
particulièrement comment interpréter les valeurs indiquées pour cet examen et
vous vous interrogez également sur la date d’introduction de cet examen.
Il
s’agit là d’une question assez « pointue », que nous allons essayer
de simplifier. Cette recherche des anticorps
anti-peptides citrullinées est maintenant recommandée pour le diagnostic de
la PR débutante.
Or, ces anti-CCP correspondent, ou sont très proches d’autres anticorps
précédemment recherchés : anticorps anti-périnucléaires (1964), anticorps
anti-kératine (1979), anticorps anti-filagrine, ces dénominations dépendant des
substrats utilisés pour l’examen. Actuellement, depuis 1998 à notre
connaissance, on utilise pour la détermination la technique ELISA, mais on peut
rechercher des anti-CCP 1 et des anti-CCP 2. Pour le rhumatologue, qui cherche à confirmer un diagnostic de
polyarthrite rhumatoïde débutante il
s’agit de savoir si ces anti-CCP sont présents ou absents. Mais il
appartient au laboratoire de savoir, selon les techniques qu’il emploie, à quel
niveau se situe le seuil de positivité, Il se trouve que la plupart des
laboratoires indiquent des chiffres pour évaluer le taux de positivité, par
exemple 10, 20, 30 et jusqu’à 100 ou plus. En 2005, la ligue européenne contre
le rhumatisme (EULAR) a recommandé pour le diagnostic précoce de la PR la recherche concomitante du
facteur rhumatoïde et des anti-CCP : si ces deux examens sont positifs en
présence d’une symptomatologie d’arthrites périphériques, le diagnostic est
quasi certain. Bien plus, la recherche des anti-CCP est un examen très
spécifique de la PR :
s’il est négatif, il permet d’éliminer d’autres maladies inflammatoires qui
peuvent s’accompagner d’un facteur rhumatoïde (une seule réserve
toutefois : les anti-CCP peuvent être présents chez des patients atteints de
psoriasis cutané, alors qu’ils n’ont pas, ou pas encore de manifestations articulaires).
Il
ressort de ce qui précède que cet examen est normalement réalisé une fois, au moment où se pose la
question du diagnostic. Ceux qui ont répété cet examen, ce qui n’est pas
recommandé, ont cru observer que les taux élevés étaient parallèles à
l’agressivité de la maladie et que, à l’inverse, les médicaments de fond
pouvaient permettre d’abaisser ces taux.
A
notre avis, il devrait s’agir uniquement d’un test diagnostic. Pour chiffrer d’évolution clinique, on dispose des
tests sanguins de l’inflammation et surtout des scores cliniques.
Votre seconde question concerne les observations que
vous avez faites au niveau de votre cheville. Votre description correspond tout
à fait à une ténosynovite, c’est à
dire à une inflammation et à une hyperplasie de la gaîne qui enveloppe
un tendon. Ces ténosynovites s’observent fréquemment au niveau des tendons
extenseurs ou fléchisseurs des doigts. A la cheville, on peut en observer, moins
fréquemment toutefois, sur les tendons extenseurs des orteils (sur le cou de pied),
sur les tendons fléchisseurs (en arrière de la malléole interne) et sur les
tendons péroniers (en arrière de la malléole externe). La caractéristique,
c’est précisément la consistance molle-élastique de cette sorte de petit boudin
et surtout le mouvement de va et vient lorsque le muscle correspondant est
sollicité. Si cette ténosynovite résiste au traitement général de la maladie,
on peut être amené à proposer une injection de cortisone dans la gaîne ou une
toilette chirurgicale, car la persistance de cette inflammation locale peut
représenter à la longue une menace pour l’intégrité du tendon concerné.
Complément 3
L’examen
sanguin de 2003 vous apporte d’une part un résultat nettement positif pour la
recherche du facteur rhumatoïde et d’autre part un test modérément positif,
mais au-dessus du seuil de signification pour les anti-CCP (comme je vous le
disais dans ma dernière réponse, les anticorps anti-filagrines citrulinés ne
sont qu’une ancienne dénomination pour le même examen). Avec ces deux tests
positifs, en présence de signes cliniques concordants, le diagnostic de
polyarthrite rhumatoïde est quasiment certain.
L’examen de novembre 2005 con firme la présence
d’un facteur rhumatoïde, mais il n’y a
pas eu à cette occasion de recherche des anti-CCP. Le résultat des anticorps
anti-nucléaires, pratiqué en 2003 n’était pas significatif à ce taux. |