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Il
est très difficile pour nous d’émettre un diagnostic sur la base de la
description que vous nous donnez. Si nous vous avons bien compris, votre maladie débute en 2002,
soit à l’âge de 36 ans. Vous parlez
au début surtout de douleurs symétriques,
aux pieds et aux mains. Ultérieurement (depuis quand ?) vous décrivez
d’importants gonflements des doigts
et des orteils, sans nous préciser si tous sont touchés ou seulement certains
d’entre eux. A cela s’ajoute une participation du talon (probablement une participation du tendon d’Achille, donc en
arrière du talon, ou de l’aponévrose plantaire, c’est-à-dire sous le talon). En
passant, vous nous parlez aussi de déviation
des doigts.
Le
terme de doigt en saucisse correspond dans le jargon rhumatologique à une
atteinte des trois articulations d’un même doigt, mais qui ne va toucher qu’un
petit nombre de doigts : ce tableau est très évocateur d’un rhumatisme psoriasique, c’est-à-dire
d’un rhumatisme inflammatoire lié à un psoriasis cutané. Dans ce même
rhumatisme psoriasique, on peut aussi observer une inflammation du calcaneum (donc
du talon) et une participation des articulations vertébrales et sacro-iliaques
analogue à ce qu’on voit dans la spondylarthrite ankylosante. Si votre médecin
a conclu à une spondylarthrite
ankylosante, c’est vraisemblablement parce qu’il avait des arguments
radiologiques (sacro-iliaques et talons) en faveur d’un tel diagnostic.
Si
tous les longs doigts des deux mains sont concernés (début et prédominance sur
les axes II et III) ainsi que tous les orteils (début et prédominance sur les derniers),
alors c’est en premier lieu le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde qui doit être avancé.
La
situation vous paraît complexe. Mais un diagnostic précis peut être posé sur la
base d’un examen clinique spécialisé, de l’étude attentive du dossier
radiologique (spécialement mains, pieds et sacro-iliaques) et aussi des examens
biologiques.
Sur
le plan thérapeutique, nous devons préciser que le Medrol, dérivé de la
cortisone, n’est qu’un traitement suspensif de l’inflammation et qu’il ne peut
pas être considéré comme un traitement de fond de la maladie. Au vu de votre
âge et de l’aggravation de l’atteinte fonctionnelle que vous rapportez, nous
estimons qu’une réévaluation de votre problème par un spécialiste en
rhumatologie est pleinement justifiée. Cette réévaluation conduirait alors à un
programme thérapeutique.
La suite nous intéresse… |