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J’ai 33 ans. J’ai été diagnostiqué fibromyalgique il y a 2 ans après plus de 3 ans de douleurs.
Mais mon médecin généraliste n’y croit pas et me parle de rhumatismes inflammatoires.
Mes symptômes : J’ai très mal le matin. Je me sens raide et mes articulations craquent (surtout au niveau du cou) J’ai des nodules sur les avant bras et dans le dos. J’ai de terribles douleurs au niveau des bras, épaules et cou (accompagné de craquements incessants) qui m’empêchent parfois de respirer correctement car la douleur descend jusque sur mes côtes. J’ai aussi des douleurs dans le bas du dos si je suis trop longtemps debout.
On m’a aussi diagnostiqué un début de discarthrose en 2006.
En plus de tout ça je suis très fatigué, j’ai des troubles digestifs ainsi que des poussées de "mycoses" au niveau des coudes. J’aimerasi savoir ce que vous en pensez.
Je dois aussi vous préciser que je ne suis pas réveillé par la douleur la nuit (seulement de temps à autre par mes troubles digestifs).
Cela fait + de 2 ans que je me pose des questions.
Je serais vraiment très heureuse si vous pouviez m’aider
Merci

 

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Vos problèmes douloureux ont donc commencé en 2002, soit à l’âge de 28 ans. Vos douleurs, que vous qualifiez de « terribles », concernent les bras, les épaules, le cou, le thorax, le bas du dos. Vous parlez de raideur, sans préciser s’il y a une limitation fonctionnelle de telle ou telle articulation. Vous insistez sur les craquements « incessants ». Vous ajoutez que vous êtes très fatiguée.

Trois ans après les premiers symptômes, on a donc posé le diagnostic de fibromyalgie. Cinq ans après les premiers symptômes, votre médecin généraliste évoque le diagnostic de rhumatisme inflammatoire, sous-entendu de polyarthrite.

Il n’est pas exceptionnel que ces deux diagnostics soient confrontés, comme vous le verrez en consultant les réponses  34, 197, 209, 265, 328, 354, 507 et 600.

Il est peut-être utile de faire un bref rappel historique. C’est en 1904 que Gowers, neurologue anglais, a utilisé l’appellation de « fibrosite » pour désigner l’inflammation des « tissus fibreux des muscles ». Il faut attendre 1970 pour que le cadre du concept se précise, notamment sous l’influence du canadien Smythe. On décrit alors des « tender points » correspondant à des insertions musculaires particulièrement. Avec la connaissance de ce syndrome, les cas se multiplient (on admet actuellement une incidence de 2%, dont 90% de femmes). Les dénominations se multiplient aussi. On a compté 38 noms différents pour désigner le même tableau, parmi lesquels nous citerons : polyinsertionite, SPID (syndrome polyalgique idiopathique diffus), polyenthésopathie, totalgie, tendinomyopathie généralisée, rhumatisme des tissus mous, etc… C’est en 1990 que sont publiés par l’American College of Rheumatology les critères de classification de ce syndrome qu’on appelle désormais unanimement la fibromyalgie.

D’emblée, nous pouvons vous dire que les craquements, les douleurs thoraciques, les dorsalgies et lombalgies, les troubles digestifs et la grande fatigue ne font pas partie du tableau clinique de la polyarthrite.

Si votre médecin généraliste évoque maintenant le diagnostic de polyarthrite, c’est qu’il a dû, par l’anamnèse, l’examen clinique et les examens de laboratoire, recueillir des arguments nouveaux en faveur de ce diagnostic. Dans votre description, nous ne retrouvons pas les localisations périphériques et grossièrement symétriques de la polyarthrite, nous ne retrouvons pas la description d’au moins une synovite. Nous ne savons rien des résultats d’éventuels examens sanguins, ni de radiographies périphériques. Comme pour la fibromyalgie, il existe pour la polyarthrite rhumatoïde des critères internationaux de diagnostic. Cinq ans après les premiers symptômes, il nous semble qu’une polyarthrite aurait dû se manifester par des symptômes cliniques, des tests sanguins et des images radiologiques permettant de satisfaire aux critères de diagnostic.

Il reste pour nous un point d’interrogation. Vous nous parlez de « nodules » sur les avant-bras et dans le dos. Localisation exacte ? consistance ? coloration ? douloureux ou non ? Vous nous parlez aussi de « mycoses » au niveau des coudes. Si ces lésions sont situées non pas dans le pli du coude, mais à l’opposé, sur l’olécrane, on pourrait se demander s’il ne s’agit pas de lésions psoriasiques, ce qui pourrait remettre tout en question !

 

Je reviens à nouveau vers vous tout d’abord pour vous remercier pour votre réponse.
En ce qui concerne mes mycoses elles se situent sur l’oléocrane des coudes. Quant a mes nodules ils ne sont pas douloureux au toucher et les plus gros apparemment ne doivent pas faire 1 cm et se situent sur le dessus des bras plus exactement des avants bras et d’après ma kiné dans le dos. Ma dernière prise de sang révèle un taux de lymphocytes de 4300 mais étant fumeuse le médecin me dit que tout est normal. J’ai des antécédents d’arthrose dans ma famille. Sinon malgré la sensation de fièvre que je ressens le matin ma température est normale. En cas de douleurs les endroits douloureux sont très chauds. J’ai les doigts et les poignets qui gonflent le matin. Quant à la limitation fonctionnelle des articulations : je ne peux garder les bras en l’air (pour faire les vitres par ex) je ne peux pas lire un livre en étant assis cela me donne trop mal au cou, lorsque je descends d’une voiture j’ai très mal à la hanche, si j’écris trop longtemps j’ai mal aux avant bras, je fais du yoga et les exercices où on est debout et on doit se pencher vers la droite ou la gauche sont très douloureux, les mouvements avec les mains dans le dos tendues vers le haut sont impossibles ainsi que tout mouvement demandant un appui sur les bras  etc. Voilà tout ce que je pouvais vous préciser. Encore merci.

 

Dans votre second message, nous trouvons effectivement des arguments qui pourraient parler en faveur d’une polyarthrite rhumatoïde :

  • Prédominance matinale
  • Impression de chaleur sur les endroits douloureux
  • Tuméfaction matinale des poignets et des doigts
  • Douleurs à l’appui sur les bras (donc sur les mains ?)

En revanche, la localisation que vous nous indiquez pour les « nodules » ne correspond pas à celle des nodules rhumatoïdes (qui ne se manifestent pas d’ailleurs au début d’une polyarthrite).

En ce qui concerne les « mycoses » par contre, la localisation des lésions sur les olécranes nous oriente bien plutôt sur des lésions psoriasiques. Il faut vous proposer de montrer ces lésions à un dermatologue : si ce diagnostic est confirmé, ce serait un argument de plus pour une polyarthrite, dont on sait qu’elle peut être associée au psoriasis cutané (on parle alors d’arthrite psoriasique, dans laquelle une localisation rachidienne est aussi possible).

Il est bien évident que, à côté de ces arguments « cliniques », il faudrait rechercher des arguments biologiques (VS, CRP, facteur rhumatoïde, anti-CCP) et surtout des arguments radiologiques  (mains), avec si nécessaire un complément par IRM.

Votre témoignage

 

 

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