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Vos problèmes douloureux ont donc commencé en 2002, soit
à l’âge de 28 ans. Vos douleurs, que vous qualifiez de « terribles », concernent les bras,
les épaules, le cou, le thorax, le bas du dos. Vous parlez de raideur, sans préciser s’il y a une
limitation fonctionnelle de telle ou telle articulation. Vous insistez sur les craquements « incessants ». Vous ajoutez que vous êtes très fatiguée.
Trois ans après les premiers symptômes, on a donc posé le
diagnostic de fibromyalgie. Cinq ans après les premiers symptômes, votre
médecin généraliste évoque le diagnostic de rhumatisme inflammatoire,
sous-entendu de polyarthrite.
Il n’est pas exceptionnel que ces deux diagnostics soient
confrontés, comme vous le verrez en consultant les réponses 34, 197, 209, 265, 328, 354,
507 et 600.
Il est peut-être utile de faire un bref rappel
historique. C’est en 1904 que Gowers, neurologue anglais, a utilisé
l’appellation de « fibrosite »
pour désigner l’inflammation des « tissus fibreux des muscles ». Il
faut attendre 1970 pour que le cadre du concept se précise, notamment sous
l’influence du canadien Smythe. On décrit alors des « tender points »
correspondant à des insertions musculaires particulièrement. Avec la
connaissance de ce syndrome, les cas se multiplient (on admet actuellement une
incidence de 2%, dont 90% de femmes). Les dénominations se multiplient aussi.
On a compté 38 noms différents pour désigner le même tableau, parmi lesquels
nous citerons : polyinsertionite, SPID (syndrome polyalgique idiopathique diffus),
polyenthésopathie, totalgie, tendinomyopathie généralisée, rhumatisme des
tissus mous, etc… C’est en 1990 que sont publiés par l’American College of
Rheumatology les critères de classification de ce syndrome qu’on appelle
désormais unanimement la fibromyalgie.
D’emblée, nous pouvons vous dire que les craquements, les
douleurs thoraciques, les dorsalgies et lombalgies, les troubles digestifs et
la grande fatigue ne font pas partie du
tableau clinique de la polyarthrite.
Si votre médecin généraliste évoque maintenant le
diagnostic de polyarthrite, c’est qu’il a dû, par l’anamnèse, l’examen clinique
et les examens de laboratoire, recueillir des arguments nouveaux en faveur de ce diagnostic. Dans votre
description, nous ne retrouvons pas les localisations périphériques et
grossièrement symétriques de la polyarthrite, nous ne retrouvons pas la
description d’au moins une synovite. Nous ne savons rien des résultats
d’éventuels examens sanguins, ni de radiographies périphériques. Comme pour la
fibromyalgie, il existe pour la polyarthrite rhumatoïde des critères
internationaux de diagnostic. Cinq ans après les premiers symptômes, il nous
semble qu’une polyarthrite aurait dû se manifester par des symptômes cliniques,
des tests sanguins et des images radiologiques permettant de satisfaire aux
critères de diagnostic.
Il reste pour nous un point
d’interrogation. Vous nous parlez de « nodules » sur les avant-bras et dans le dos. Localisation
exacte ? consistance ? coloration ? douloureux ou non ?
Vous nous parlez aussi de « mycoses »
au niveau des coudes. Si ces lésions sont situées non pas dans le pli du coude,
mais à l’opposé, sur l’olécrane, on pourrait se demander s’il ne s’agit pas de
lésions psoriasiques, ce qui pourrait remettre tout en question ! |