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Nous avons souvent dit que le diagnostic, surtout le
diagnostic précoce, de la polyarthrite est difficile. Il n’y a pas, il n’y aura vraisemblablement pas un examen de laboratoire qui puisse, à
lui seul, poser un verdict définitif.
Rien ne peut remplacer la recherche de renseignements (et d’arguments) dans
l’anamnèse, dans l’examen clinique, dans les examens d’imagerie. Ces arguments
sont bien entendus confrontés avec les données du laboratoire. Ces examens de laboratoire renseignent sur
l’existence d’un processus inflammatoire
(vitesse de sédimentation, CRP) et peuvent apporter des arguments en faveur de l’origine rhumatoïde de cette
inflammation. Depuis des décennies, on essaye de mettre en évidence ce facteur
rhumatoïde, par les examens tels que Waaler-Rose ou test au latex. Il a fallu
se rendre compte d’une part qu’il existait des polyarthrites séro-négatives (donc
les tests ci-dessus étant négatifs) et que d’autre part ces tests pouvaient
être positifs en dehors de la polyarthrite (y compris chez quelques 8% de la
population).
Depuis quelques années, on utilise en complément la recherche des anticorps antiprotéine citrullinées (en abrégé anti-CCP)
dans le diagnostic de la polyarthrite rhumatoïde. Les nombreux travaux qui sont
consacrés à ce problème démontrent que ce test est peut-être moins sensible que
les précédents, mais qu’il est surtout plus
spécifique : ceci veut dire qu’un test positif est plus significatif
car il n’existe pratiquement pas en dehors de cette maladie. Ainsi, la
spécificité serait de 97% pour les anti-CCP2, contre environ 80% pour la
recherche du facteur rhumatoïde.
Plus récemment, on ose dire que ce test pourrait
également avoir une signification dans le pronostic même de la maladie. Il est
encore trop tôt pour l’affirmer.
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