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Bonjour,
Je vous envoie cette question pour essayer de comprendre un peu mieux ce qui m’arrive.
Depuis un an, je ressens des douleurs dans toutes mes articulations.
Le rhumatologue consulté, après avoir, je crois, fait tout ce qu’il pouvait faire, me demande d’attendre une inflammation franche pour revenir le voir. Cela fait plus de 4 mois et je n’ai aucune amélioration, mais pas d’inflammation.
Dois-je attendre encore ou dois-je le reconsulter ou quelqu’un d’autre ?
Vous trouverez après mon « aventure » de façon la plus détaillée possible.
Est-ce que cela vous donne une idée de ce que ça pourrait être ? (je sais bien que vous ne pouvez pas faire de diagnostic mais mon rhumatologue élude mes questions et ne m’a pas donné de pistes de compréhension dans le choix de pratiquer ou non les analyses ou examens).
Les gens autour de moi disent parfois que c’est dans ma tête, qu’à 20 ans on n’a pas de rhumatisme, et parfois je me demande s’ils n’ont pas raison devant le flou dans lequel je suis.
Pourriez-vous me répondre par e-mail, s’il vous plait ?
Merci d’avoir pris du temps pour me lire et me répondre.
En  Avril 2007, j’ai commencé à ressentir des douleurs diffuses aux deux genoux aussi bien allongée que debout. Ces douleurs étant insomniantes et résistantes aux antalgiques disponibles sans ordonnance, je suis allée consulter un généraliste après 3 semaines de douleurs, sans signe inflammatoire, excepté un soir particulièrement difficile (légère enflure, légère rougeur et chaleur). Celui-ci a immédiatement demandé une analyse sanguine à la recherche d’un syndrome inflammatoire, ou de maladies plus spécifiques (waaler rose, test latex), dont tous les résultats sont revenus négatifs. Je n’ai reçu alors aucun médicament.
Les douleurs sont demeurées, avec quelques jours de tranquillité mais ce sont accompagnées de boiteries, sensation de dérobements et parfois ressauts à la marche. J’ai alors commencé à ressentir certains soirs et certaines nuits des douleurs diffuses dans les phalanges, surtout celles près de l’ongle aux deux mains.
 Au cours du mois d’août, lors d’activité professionnelle plus physique que ma vie d’étudiante, j’ai commencé à avoir beaucoup plus mal, parfois à en pleurer, avec cette fois ci enflure et chaleur, intéressant essentiellement le creux poplités avec une petite grosseur derrière les deux genoux. Un nouveau généraliste m’a prescrit un anti-inflammatoire local et AINS. Après quelques jours sans amélioration, j’ai ressenti une grande douleur à un des genoux, puis plus de douleur accompagnée d’une légère enflure de la jambe. Cette fois ci le généraliste vu m’a adressé à un rhumatologue.
Celui-ci m’a expliqué que je venais sans doute de subir la rupture d’un kyste poplité. Il a alors effectué des radiographies de mes genoux, normales, et demandé une batterie d’analyses sanguines qui sont toutes revenues négatives.
Après plusieurs consultations  (5 ou 6), les douleurs s’étant étendues aux mains, poignet, coudes, épaules, et chevilles, les radiographies effectuées étaient toutes normales.
 Pour éliminer une sarcoïdose, une radiographie de mes poumons a été effectuée, normale elle aussi.
Au final les examens négatifs concernent :
CRP, VS ; Latex ;waaler rose ;Sérologie Hépatite B ;Antigène  Hbs ;Anticorps anti Hbs ;anticorps anti HBC ; Sérologie E.B.V. Infection ancienne ; Sérologie Hépatite C ;Sérologie de Lyme ;Sérologie Salmonellose ;Sérologie Shigelle ;Sérodiagnostique Yersinia ;Anticorps anti Nucléaire (IFI-BMD) ;
Angiotensine convertase ; sérologie gonococcique, mycoplasme, brucellose et chlamydiae.
Transaminases SGOT ; Transaminases SGPT ; NFS (bien qu’une Hématologue qu’il m’avait demandé de voir ai trouvé le profil « surprenant ») ; TSH (sauf une fois ponctuelle) ; Urée ; Créatinine ;
Clearance dans les normales ;calcium ;Phosphorémie ;Electrophorèse des protides  
Ponction articulaire genou : liquide mécanique.
Je précise qu’il a eu beaucoup de difficultés à obtenir du liquide articulaire parce que mes genoux ne gonflent pas assez.
Une scintigraphie osseuse a mis en évidence une hyper fixation diffuse de toutes les zones de douleurs, dont celle des coudes lui paraissait « inquiétante » et le rapport renvoie des « indices en faveur d’une polyarthralgie ».
Depuis je ne l’ai pas revu, il m’a dit de ne revenir que lorsqu’au moins un de mes genoux sera très gonflé pour une échographie. Seulement malgré les douleurs permanentes, mes genoux ne gonflent pas ou très peu. Après essai de différents AINS pour traiter la douleur, je suis passée sous Zaldiar rapidement insuffisant, puis sous contramal LP. Suite à la scintigraphie j’ai eu une période sous voltarène seulement. Depuis je suis sous contramal LP quotidiennement, les douleurs ne cèdent qu’en association avec du voltarène ce que je ne peux malheureusement pas faire longtemps. Elles sont toujours insomniantes et je reçois du zolpidem.
Il m’arrive parfois d’avoir des plaques sèches prurigineuses au creux des genoux et des coudes, ou de petites taches rouge sombre disséminées sur le corps. Ma peau est devenue très sèche sur le visage, et mon médecin m’a prescrit des crèmes pour cela. Régulièrement depuis décembre, j’ai très mal à la colonne (surtout nuque et lombaires) et des crises de sciatique. Lorsque j’ai mal au dos, j’ai beaucoup de mal à me lever le matin. Ces problèmes de dos ne sont pas nouveaux et j’avais été suivie pour cela entre 2003 et 2005, mais avait été résolu par des séances de kiné. Lors du premier rendez vous, avec le rhumatologue, j’avais apporté les rapports médicaux et radiographies de cette période, mais il ne les a pas regardés en me disant que cela n’avait rien à voir.
Il n’y a pas d’antécédents de Rhumatisme inflammatoire chronique dans ma famille, bien qu’il y ai des problèmes d’arthroses parfois déformantes après 60 ans.
Enfin dernière précision, je prenais du lamisil en comprimé depuis 1 mois au début des douleurs, mais le rhumatologue m’a dit qu’il ne pouvait y avoir aucun lien, bien que mon généraliste en doute, c’est pourquoi j’ai arrêté ce traitement en octobre dernier.

 

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Après avoir lu attentivement votre long message, je ne peux que confirmer deux points :

  • Je ne suis personnellement pas en mesure de faire un diagnostic à distance, sur la base des éléments que vous m’apportez, car je n’ai pas d’accès à l’examen de vos articulations douloureuses.
  • Non, ce n’est pas dans la tête, il n’est pas vrai qu’à 20 ans on n’a pas de rhumatisme. Votre description précise suffit à le démontrer.

Seulement, voilà, le diagnostic précoce, le diagnostic de certitude de la polyarthrite rhumatoïde est une tâche difficile, comme vous le verrez en consultant seulement les dernières réponses  617, 620, 630, 633, 637, 649, 651, 683  sur ce même site.

  • Dans l’anamnèse, nous retrouvons des arguments de poids :
  • début par des gonalgies bilatérales, importantes et nocturnes
  • puis atteinte des deux mains, des articulations interphalangiennes
  • poussée de gonalgies bilatérales avec vraisemblablement kystes de Baker
  • extension aux mains, poignets, coudes, épaules et chevilles.

A ce stade, il n’est pas rare que les données du laboratoire soient décevantes. Il serait judicieux, si cela n’a pas été fait, de recontrôler  la vitesse de sédimentation, puis de compléter les examens par une autre méthode de recherche du facteur rhumatoïde et surtout par la recherche des anticorps anti-CCP.

La radiologie conventionnelle est elle aussi décevante sauf peut-être la lecture attentive des images du carpe et des phalanges. La scintigraphie osseuse que vous décrivez apporte la preuve non pas de la douleur que vous ressentez, mais bien de l’inflammation synoviale qui en est la cause. Elle ne peut pas déterminer la cause elle-même. Pour arriver au diagnostic, on donne actuellement la préférence a d’autres méthodes d’imagerie, plus particulièrement à l’IRM et à l’Ultrasonographie des mains.

Sur le plan thérapeutique, nous avez reçu jusqu’à présent des anti-inflammatoires et des antalgiques (surtout des dérivés du Tramadol, qui peuvent entraîner une accoutumance), qui se sont révélés insuffisants.

Vous nous dites pour finir que vous preniez auparavant du Lamisil, qui est un anti-mycotique. Mais au fait, cette mycose a-t-elle été démontrée à l’examen ? Ne pouvait-il pas s’agir de lésions cutanées et unguéales en rapport avec un psoriasis ? En effet, il existe une polyarthrite psoriasique, le plus souvent séronégative !

La solution de votre problème nous intéresse…

 Votre témoignage

 

 

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