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Cela fait environ 3 mois que je souffre au niveau des articulations des mains et des pieds (gonflements, rougeurs et douleurs atroces.); puis extrême fatigue. Mon médecin m'a donc envoyé chez un rhumatologue qui m'a préscrit énormément d'examens sanguins ainsi que des radios des mains, pieds, et poignets. Au final, les radios sont normales; les anticorps anti nucléaires sont à 320, les anticorps anti peptides citrullinés sont négatifs, le waaler-rose et le test au latex sont négatifs, la PRC est à 50 mg/l, la VS est de 30 mm puis 57 mm. J'ai une hypoalbuminémie et une augmentation des Alpha 1 et 2. Pour tout ce qui est Hépatite C, antigène HBs, et TSH; les résultats sont négatifs. Par contre, pour ce qui est du Parvovirus B19: les anticorps IgG sont de 5,8 et les Igm négatifs. Comme traitement, j'ai eu droit à des anti-inflammatoires qui ont aucun effet; puis maintenant, je suis sous cortisone. Si ce traitement ne me fait rien mon rhumatologue veut m'envoyer à l'hôpital. Il m'a parlé de polyarhrite virale à cause du Parvovirus. Par contre, j'aimerais savoir si cela peut être un début de polyarthrite, malgré que les anticorps anti peptides citrullinés soient négatifs. Et aussi; est-ce possible que cela soit autre chose ? Merci de me répondre car cela m'angoisse beaucoup.

 

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Parlons tout d’abord de cette possibilité de « polyarthrite virale à parvovirus ».

Sur ce site, nous avons exposé dans la réponse  241 le problème général des arthrites à  virus dans les pays tropicaux, puis dans les réponses 389 et 598 le problème plus précis des arthrites à parvovirus dans nos régions. Il faut savoir que ce virus, responsable chez l’enfant de la cinquième maladie (proche de la rougeole t de la rubéole) peut se manifester chez l’adulte sous la forme de symptômes généraux, avec fièvre, symptômes grippaux, éventuellement éruptions cutanées, arthralgies (douleurs articulaires). Ces manifestations ne durent pas plus de quelques semaines. Il y a peu ou pas de signes inflammatoires et les tests de l’inflammation sont habituellement négatifs. Il est bien difficile d’affirmer la responsabilité du parvovirus car les anticorps IgG sont présents dans près d’un tiers des contrôles faits chez l’adulte. Les anticorps IgM, qui seuls peuvent attester d’une maladie actuelle, sont négatifs dans votre cas.

Les réponses consacrées aux difficultés du diagnostic précoce de la polyarthrite rhumatoïde sont très nombreuses en raison même de la fréquence de cette maladie, par rapport à la rareté de l’arthrite à parvovirus.

Dans votre cas particulier, nous relevons d’abord la durée de votre affection : ces trois mois dépassent la durée admise pour une arthrite à parvovirus. Vous décrivez la localisation des douleurs aux quatre extrémités, de façon symétrique. Vous parlez de gonflements, de rougeurs et de douleurs atroces. Dans la polyarthrite, on constate effectivement des tuméfactions, plus rarement des rougeurs, qui prédominent au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes II et III (soit à la base de l’index et du majeur), mais qui peuvent aussi toucher les autres métacarpo-phalangiennes et les interphalangiennes proximales. Les articulations terminales (proches des ongles) sont habituellement respectées.

Ces douleurs suivent un horaire particulier, avec un maximum nocturne-matinal et un déclanchement caractéristique lors du serrement de main. On note également une nette diminution de la force de préhension. En plus, le médecin peut mettre en évidence des signes cliniques caractéristiques : synovite articulaire (épaississement de l’enveloppe synoviale de l’articulation, avec ou sans épanchement liquidien), ténosynovite  (épaississement de la membrane qui enveloppe les tendons). A ce stade, il n’y a pas de déformation ou de désaxation. Tous ces signes relevés à l’examen clinique ont plus de valeur diagnostique que les examens de laboratoire, qui ne se positivent souvent que tardivement.

Parlons précisément du laboratoire. Vous avez des signes évidents d’une composante inflammatoire, avec une VS en hausse et une CRP également élevée. Les tests dits spécifiques de la polyarthrite sont tous négatifs, mais ce fait ne peut pas être interprété comme une exclusion du diagnostic de polyarthrite rhumatoïde.

Alors, comment s’en sortir ? On a fait appel à la radiologie, mais les lésions initiales de cette maladie ne sont pas accessibles à la radiographie classique, qui met en évidence essentiellement les résorptions osseuses. Si l’on veut arriver à un diagnostic de certitude, nous pensons qu’il faut faire appel à un examen IRM des mains  (éventuellement à un examen ultrasonographique, d’interprétation peut-être plus délicate).

Quoi qu’il en soit, le traitement de cortisone que vous suivez actuellement est un traitement dit suspensif. Il vous a été donné pour contrer vos douleurs importantes, mais il n’est pas un traitement de fond de cette maladie.

Nous restons à votre disposition.

 

Suite à mes questions concernant mes polyarthralgies; on m'a fait toute une batterie d'examens car les douleurs et la fatigue devenaient de pire en pire .
Aujourd'hui n'en pouvant plus d'attendre les résultats; j'ai téléphoné à l'hôpital où l'on m'a annoncé que j'avais une polyarthrite non étiquetée.
Pouvez-vous me dire ce que cela veut dire et si c'est ça a la même importance que la polyarthrite rhumatoïde.
Est-elle non étiquetée parce que cela ne fait que 4mois que je ressens les douleurs et qu'elle est débutante?
Je vous remercie pour votre réponse; vous m'êtes d'un grand secours!!!
Marlène.

Après avoir lu votre second message, nous comprenons votre impatience.

Permettez-nous cette mise au point. Lors de votre premier message, daté du 2 juin, vous précisiez que ces douleurs atroces et symétriques des mains et des pieds, accompagnées d’enflures et de rougeurs, dataient déjà de trois mois. Actuellement, les six mois sont donc dépassés. D’autre part vous commencez votre message en parlant de polyarthralgies, ce qui signifie seulement « douleurs de plusieurs (ou de nombreuses) articulations ». Or, la description d’enflures et de douleurs, liée à une augmentation très nette de la vitesse de sédimentation et de la CRP, nous oblige à admettre le diagnostic de polyarthrite, qui signifie « inflammation de plusieurs articulations ».

La localisation symétrique aux articulations des quatre extrémités, l’âge et le sexe, la grande fatigue aussi, sont évocateurs de la forme la plus fréquente, connue sous le nom de polyarthrite rhumatoïde. Pour les rhumatologues, en particulier pour les sociétés de spécialistes, le diagnostic se fonde sur une liste de critères cliniques, radiologiques et biologiques. Il n’en reste pas moins que ce diagnostic est difficile, comme vous pourrez le voir en consultant les réponses les plus récentes sur ce sujet (Réponses  405, 560, 615, 617, 649, 709 et 718).

Dans votre cas particulier, le malentendu vient du fait que, comme votre médecin, vous attendez que les résultats de laboratoire vous apportent la certitude du diagnostic. On vous a fait « énormément d’examens sanguins », « toute une batterie d’examens sanguins ». Vous  « n’en pouvez plus d’attendre les résultats »…Pourtant ces examens vous ont apporté la confirmation de l’origine inflammatoire de votre mal. Il est bien connu que la polyarthrite rhumatoïde peut évoluer longtemps avec un facteur rhumatoïde négatif (on parle alors de polyarthrite séro-négative). On sait aussi que les anti-CCP, qui ont une grande valeur  diagnostique quand ils sont présents, ne sont pas indispensables : leur absence n’est absolument pas un argument  d’exclusion de ce diagnostic.

Nous vous parlions d’autre part de l’utilité de l’IRM et de l’ultrasonographie des extrémités, pour les cas où la radiologie classique est insuffisante. Nous ne savons pas si l’un ou l’autre de ces examens a été réalisé.

Enfin, qu’en est-il de votre traitement ? Vous nous avez parlé des anti-inflammatoires, inefficaces (ce qui est souvent le cas dans ces situations) et de la cortisone (qui n’a qu’un effet suspensif et qui ne peut pas être considérée comme un traitement de fond de la maladie).

Dans notre pays, nous n’avons pas l’habitude d’utiliser le terme de polyarthrite non-étiquetée (terme qui m’est pas très heureux, mais qui voudrait dire « polyarthrite qui n’a pas encore démontré de facteur rhumatoïde). Sur la base des critères internationaux, nous parlons plutôt de polyarthrite possible, ou probable, ou certaine. Lorsque le facteur rhumatoïde est absent, nous parlons de polyarthrite séronégative.

Sur la base de l’ensemble des renseignements que vous nous avez donnés, et malgré la distance qui nous sépare, nous pensons qu’après six mois d’évolution continue il est temps d’envisager un traitement de base de la polyarthrite, si cela n’a pas déjà été fait. Donnez-nous des nouvelles !

 Votre témoignage

 

 

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