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Le problème que vous nous soumettez est très proche de
celui qui est évoqué dans la question 708.
Il s’agit des difficultés du diagnostic
de certitude dans les premières phases de la polyarthrite rhumatoïde. Nous
comprenons vos doutes.
Reprenons votre anamnèse.
Les premiers symptômes datent maintenant de six mois, ce qui élimine la
possibilité d’une arthrite d’origine virale. La localisation symétrique au
niveau des quatre extrémités est par contre fortement évocatrice de la polyarthrite rhumatoïde. Au niveau des mains, la symptomatologie a conduit à un
EMG qui conclut à un canal carpien bilatéral modéré. Il faut vous expliquer les
particularités anatomiques de la main : les tendons fléchisseurs des
doigts passent, comme le nerf médian (qui innerve la face palmaire des trois
premiers doigts et la moitié du quatrième) dans le canal carpien, où la place
est réduite. Il suffit d’une inflammation (rhumatoïde ?) discrète de la
gaine des tendons fléchisseurs pour que ce nerf médian souffre de compression,
ce qui va se traduire par des fourmillements désagréables dans la zone
concernée, avec parfois une sensation d’enraidissement, un besoin de secouer
ses mains.
A ce stade, un examen
clinique très attentif peut déjà
déceler cet épaississement des gaines tendineuses (ténosynovite) ou un
épaississement à consistance élastique de l’une ou l’autre des petites
articulations des doigts (arthrosynovite). Les articulations les plus souvent
concernées sont les 2èmes et 3èmes métacarpophalangiennes (base des doigts II
et III) et les interphalangiennes proximales. Ces tuméfactions sont souvent
plus évidentes le matin, comme la raideur, qualifiée de matinale, qui nécessite
un « dérouillage ».
Il n’est pas rare du tout qu’à ce stade les examens sanguins soient tous négatifs : les tests de
l’inflammation ne sont pas encore influencés par des phénomènes inflammatoires
très localisés, et il est trop tôt pour que les tests dits spécifiques de la PR
soient positifs.
La radiologie classique
étant aussi décevante à ce stade, on a proposé d’autres méthodes d’imagerie. Les techniques
ultrasonographiques apportent déjà des renseignements, à lire les descriptions
que vous nous donnez. Apparemment, cet examen n’a pas permis une conclusion
définitive. Il reste alors le recours possible à l’examen IRM des mains, qui es souvent plus significatif à ce stade.
J’ajouterai que le traitement, que je qualifierai de
traitement d’attente (prednisone et Méthotrexate) semble avoir été efficace
pour ce qui est des pieds.
Un de nos illustres
confrères, qui entretenait une correspondance avec des malades éloignés,
écrivait en l799 ( !) : « Il
faut beaucoup d’attention et d’habitude pour bien juger de l’état d’un malade qu’on ne voit
pas ». A notre humble avis, et avec la restriction qui précède, nous
pensons que le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde débutante peut être
qualifié de probable. Votre médecin
attend une confirmation pour passer à un traitement plus agressif. |