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 QUESTION 717

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Bonjour. Je dois faire une synoviorthèse de la cheville, car j 'ai de la polyarthrite. En quoi cela consiste-t-il ? est-ce douloureux ? quels sont les risques ? Merci pour vos témoignages.

 

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Du fait que nous ne disposons d’aucun renseignement précis sur les manifestations de votre maladie, nous ne pouvons vous donner qu’une réponse générale.

Le terme de synoviorthèse recouvre les différentes interventions caractérisées par l’injection directe du produit thérapeutique dans la cavité articulaire, ce qui correspond à un traitement local, dirigé.

On peut ainsi injecter par voie intra-articulaire :

  • un dérivé de cortisone avec une longue durée d’action (« synoviorthèse cortisonique »)
  • une solution d’acide osmique (« synovectomie chimique »)
  • un produit radioactif (Yttrium, Rhenium, Erbium suivant les dimensions de l’articulation), correspondant à une synovectomie radio-isotopique.

Ces traitements  locaux ne peuvent être utiles qu’au plan local. A l’exception peut-être de  l’injection de dérivé cortisonique, ils ne peuvent pas avoir d’effet sur l’ensemble des manifestations de la maladie.

Ces différentes possibilités thérapeutiques avaient néanmoins une utilité à titre de complément d’un traitement général (Voir les réponses 196, 249, 286, mais nous n’avons plus eu de questions sur ce sujet depuis 4 ans…)

Il est vraisemblable que l’apparition des traitements dits biologiques a limité les indications des synoviorthèses. D’autre part, il est devenu difficile d’obtenir des dérivés cortisonés injectables à longue durée d’action. En France, à notre connaissance, l’absence d’autorisation de mise sur le marché à des fins thérapeutiques de l’acide osmique a limité l’utilisation de ce produit.

Il résulte de ce qui précède que l’indication à une synoviorthèse doit être discutée de façon précise. Qu’il s’agisse d’acide osmique ou de radio-isotope, il faut absolument éviter les risques de fuite extra-articulaire (intervention spécialisée, technique précise, immobilisation de trois jours). Enfin et surtout, le risque d’irradiation des ovaires doit être évalué : à notre connaissance, l’injection intra-articulaire de radio-isotopes n’était pas autorisée au-dessous de 45 ans. Cette prescription a-t-elle changé ?

 

Pour vous donner plus de précisions, je suis atteinte de polyarthrite psoriasique. J' ai 33 ans et la synoviorthèse est faite avec de l' yttrium dans les 14 premiers jours du cycle, mais on ne m'a pas parlé de risques à ce sujet car j' essaye d'avoir un bébé, juste de ne pas être enceinte dans les 3 jours, avant comme après l'examen.
pouvez-vous me dire si c'est douloureux ? merci

La réponse que nous avons apportée à votre question était basée sur une longue expérience. Personnellement, nous n’avons jamais pratiqué de synoviorthèse radio-isotopique,  qui était réservée dans notre pays à quelques rares centres spécialisés. Mais nous avons eu l’occasion d’observer un petit nombre de patients qui avaient eu recours à cette technique.

A notre avis, un tel traitement ne devrait être utilisé que dans le cas d’une indication impérative, après échec des autres traitements médicamenteux classiques, et après une évaluation critique des risques potentiels par rapport au bénéfice escompté. Ces dernières années, plusieurs travaux ont paru sur ce sujet : du point de vue de « l’evidence based medicine » l’efficacité de la synoviorthèse radio-isotopique est souvent mise en doute, car l’efficacité pourrait être mise sur le compte de l’injection intra-articulaire de cortisone qui est faite simultanément. D’autre part, nous avions signalé que trois produits radioactifs étaient à disposition, suivant les dimensions de l’articulation : l’Yttrium était réservé au genou, l’Erbium aux articulations digitales, et le Rhenium aux articulations intermédiaires. Apparemment cette indication a changé…

En ce qui concerne le risque d’irradiation pour les gonades, il était peut-être surévalué lorsque ce médicament n’était pas autorisé en-dessous de 45 ans. Actuellement, la limitation de la prévention de la grossesse à trois jours avant et trois jours après l’injection intra-articulaire nous paraît au contraire très optimiste.

L’intervention elle-même est combinée théoriquement à une injection simultanée de cortico-stéroïdes par voie intraarticulaire, ce qui limite les réactions douloureuses immédiates. Des douleurs secondaires sont possibles, spécialement en cas de fuite extra-articulaire.

Nous partons du principe que cette intervention vous a été proposée par un rhumatologue expérimenté dans ce type de traitement ou par un service hospitalier universitaire.

 Votre témoignage

 

 

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