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Par définition, le terme d’arthrite chronique juvénile (ou arthrite idiopathique juvénile)
recouvre quelques affections différentes, qui ont toutes pour caractéristiques
de débuter avant l’âge de 16 ans (juvénile), d’avoir une composante
inflammatoire (arthrite) et d’être d’origine plus ou moins inconnue (idiopathique).
Dans ce groupe, l’oligo-arthrite
juvénile, ou arthrite idiopathique
juvénile oligo-articulaire, occupe une place à part. Elle est relativement
fréquente par rapport aux autres formes, et concerne nettement plus les filles que les garçons. Elle débute entre 2 et 6
ans, touche 2 à 5 articulations dans les six premiers mois de l’évolution (oligo
= peu). C’est très vraisemblablement cette forme qui correspond le mieux aux
renseignements que vous nous donnez.
Cette oligo-arthrite est d’origine inflammatoire, mais non infectieuse (une arthrite
infectieuse touche une seule articulation, avec des manifestations très importantes).
Vu l’âge de début très précoce, il est vraisemblable qu’elle est en relation
avec un terrain héréditaire. Mais cette hérédité possible ne peut pas être
décelée par un examen quelconque avant la conception.
Le bilan
biologique comprend essentiellement
une formule sanguine complète et une recherche des marqueurs de
l’inflammation, la vitesse de sédimentation et la C-Réactive–Protéine (ce
dernier examen est moins parlant que chez l’adulte) et, suivant les manifestations
cliniques, une recherche des anticorps anti-nucléaires. Le facteur rhumatoïde,
si important dans la polyarthrite de l’adulte, est négatif. Le bilan
radiologique comprend un cliché de l’articulation touchée et de son homologue
de l’autre côté, ce qui facilite la comparaison. Celle-ci permet souvent d’apprécier l’importance de l’épanchement
articulaire ou de la synovite. L’examen
clinique doit être complété par un examen ophtalmologique, avec examen à la lampe à fente, étant donné que
cette forme d’arthrite infantile a la fâcheuse tendance à s’associer à une uvéite antérieure.
Le programme thérapeutique dépendra du bilan de ces
différents examens. Il faut savoir que, dans le bas-âge, ces patients se plaignent moins que les
adultes. Le traitement ne doit donc pas avoir pour seul but de calmer la
douleur, mais surtout de maîtriser l’inflammation qui menace les structures
articulaires. Il comprendra
essentiellement des anti-inflammatoires, mais aussi, suivant les cas,
des traitements dits de fond. Pour les cas les plus sévères, des
traitements très récents seront à
disposition.
Nous tenons à vous signaler
que, d’une façon générale, il est
souhaitable que ce programme thérapeutique
soit supervisé par un rhumatologue spécialisé dans le traitement des arthrites juvéniles ou par un centre
universitaire spécialisé dans ce même domaine. |