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Dans votre bref message, vous nous présentez le
résultat d’un examen de laboratoire (anticorps
anti-nucléaires à 1/1280, nettement au-dessus des normes) et vous nous demandez
une aide au diagnostic. C’est une
tâche difficile, surtout à distance, et
avec les renseignements très succints qui figurent dans ces cinq lignes.
La tâche du médecin est en premier lieu d’écouter les
plaintes de son patient et d’essayer de reconstituer l’histoire clinique (anamnése).
Ensuite, il examinera son malade en passant en revue les différents systèmes (circulatoire,
neurologique, gynécologique,
respiratoire, locomoteur etc…), ce qui constitue le status général. Suivant les plaintes émises, il insistera sur tel
ou tel élément (statu local par
exemple, pour les articulations, si celles-ci sont douloureuses). Au vu des
réultats de l’anamnèse et du status, il sera amené à demander des examens complémentaires, par exemple
une imagerie du thorax en cas de douleurs de la poitrine, ou des examens de
laboratoire « dirigés », par exemple des tests sanguins de
l’inflammation en cas de douleurs articulaires.
Mais si votre médecin a demandé une recherche des anticorps anti-nucléaires, c’est parce que l’anamnèse
(fausses couches, douleurs thoraciques de type pleural) et certains éléments du
status (signes d’inflammation sur certaines articulations ?) l’ont orienté
vers la possibilité d’un lupus
érythémateux disséminé (LED), appelé aussi lupus érythémateux systémique,
ou maladie lupique, ou tout simplement lupus.
Proche de la polyarthrite, qui est l’objet principal
de ce site, le LED a été souvent évoqué, par exemple, dans les réponses 104,
11, 152, 262, 605, 627, 700, 783, 784. Nous dirons brièvement qu’il s’agit
d’une maladie auto-immune qui se cacatérise par une atteinte inflammatoire de
différents systèmes, avec entre autres un état fébrile, un état de fatigue, des
manifestations cutanées ou muqueuses, des pleurodynies (douleurs pleurales),
des arthralgies (douleurs articulaires) ou des arthrites (inflammations articulaires),
des myalgies (douleurs musculaires). Les fausses couches sont fréquentes,
spécialement dans le syndrome des anticorps antiphospholipides. L’évolution se
fait souvent de façon discontinue, avec des périodes de rémission et des
récidives.
Pour confirmer et préciser un tel diagnostic, il
importe de compléter les examens par une recherche
détaillée des divers auto-anticorps observés dans le lupus et ses variétés (notamment
anti-ADN, anti SS-A et SS-B, anti Sm, antiphospholipides). Dans la formule
sanguine, on recherchera une anémie, une leucopénie, une thrombopénie. Un bilan
de la fonction rénale est nécessaire.
Le diagnostic de certitude se pose selon les critères
retenus par l’ARA ( American College of Rheumatology ). Il en résultera la mise
en route d’un programme thérapeutique, qui est actuellement bien précisé.
La longueur de cette réponse tient au fait que nous
sommes là dans un terrain difficile. La complexité de ce problème justifie le
recours à un médecin rhumatologue spécialisé dans ce domaine, voire même à un
service spécialisé d’un CHU (nous ne svons pas où vous habitez).
Nous restons volontiers à votre disposition. |