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Nous avons lu attentivement votre message, qui nous
laisse perplexe.
Les douleurs que vous décrivez depuis bientôt sept ans
n’ont pas les caractéristiques de la polyarthrite, objet proncipal de ce site.
En effet, le rythme de ces douleurs (maximum au repos et la nuit)
ne correspond pas au rythme classique
de la polyarthrite. De plus, avec
une si longue évolution, on devrait observer des tuméfactions visibles et
palpables à l’examen clinique, ainsi que des altérations pathologiques à
l’imagerie (radiographies entre autres).
Ce qui nous surprend, c’est que vous avez reçu le
diagnostic de maladie de Still de l’adulte à l’occasion de deux crises
aigües de polyarthrite, en 1991 et 1994. Y avait-il alors des manifestations
inflammatoires objectivables, une éruption cutanée, une fièvre élevée, une
augmentation de la VS et de la CRP, une augmentation de la Ferritine, le tout
étant caractéristique de cette très rare maladie ?
Le diagnostic de syndrome
de Gougerot-Sjögren a été envisagé (sur la base de quels symptomes ?),
puis écarté. Ce syndrome ne peut pas expliquer des douleurs de ce type, sauf
bien entendu s’il est associé à une polyarthrite rhumatoïde.
Enfin, vous êtes suivie depuis 2001 (57 ans) pour une
hypothyroïdie. Cette maladie, actuellement équilibrée par le traitement,
n’explique pas les douleurs.
En reprenant
l’ensemble de ces documents, nous sommes frappés par l’hyperlymphocytose, qui serait en
progression. Dans la maladie de Still, on aurait au contraire une élévation des
leucocytes polynucléaires au lieu de l’augmentation des lymphocytes que vous
mentionnez.
Que faut-il vous proposer ? Cette situation de
doute devrait conduire à une nouvelle évaluation de l’ensemble du status. En
raison des douleurs périphériques et des sensations subjectives de brûlures et
d’engourdissement que vous décrivez, avec un maximum hivernal, il faudrait
réévaluer la circulation artérielle périphérique. Du fait de
l’hyperlymphocytose, il faudrait rechercher la présence éventuelle
d’adénopathies, et conduire une investigation hématologique (type de
lymphocytes concernés par cette augmentation). Enfin et surtout, il faudrait
conduire une investigation spécialisée de ces articulations douloureuses par un
rhumatologue (limitations de l’amplitude
articulaire, épaississement synovial, épanchement liquidien etc. ?). Au
besoin, les constatations cliniques pourraient justifier un contrôle
radiologique et même des clichés d’imagerie.
Nous restons à votre disposition. |