|
Votre message nous laisse perplexe. Comment peut-on se
voir attribuer en une année autant de
diagnostics différents ? Si ce n’est en consultant de nombreux
médecins de formation et d’orientation différentes.
Alors que vous évoquez des douleurs diffuses de tout votre corps, l’un ou l’autre de ces
confrères met en évidence un « bassin de travers », une hernie
cervicale ou lombaire, une arthrose cervicale, une « colonne en S »,
une arthrose de l’ndex droit. Combien de radiographies pour tout cela ?
Mais, il faut retenir aussi un traumatisme (chute d’un
échafaudage), une incapacité de travail prolongée, puis surtout un « arrêt
de l’arrêt de travail ».
Nous laissons de côté les diagnostics évoqués. Votre âge de 37 ou 38 ans ne correspond pas à une arthrose aussi
douloureuse. Dans ces renseignements, rien
n’évoque une polyarthrite, d’autant plus que les examens sanguins pour la
recherche d’une arthrite (vous dites « la prise de sang pour la recherche
d’arthrose ») sont « corrects ». Comment a-t-on pu démontrer un
épanchement de synovie au poignet droit ? Par l’examen clinique, par une
ponction ou par une imagerie spécifique ?
En reprenant ce texte, nous constatons que vous
annoncez bien des douleurs diffuses de tout votre corps, c’est-à-dire de l’axe
vertébral (région cervicale et lombaire, accessoirement de la première côte,
mais aussi des membres, spécialement des coudes au niveau des insertions musculaires ?).
C’est cette desciption qui sera importante.
A côté de cela, vous citez un échec des différents
médicaments (est-ce bien exact que vous avez reçu des perfusions
d’anti-inflammatoires ?) et des difficultés d’insertion sociale, avec
arrêt de travail prolongé, puis chomage, peut-être aussi des répercussions sur
le moral (« je n’en peux plus», « une petite lueur d’espoir »).
Maitenant, vous attendez de nous un diagnostic. Mais comment pourrais-je
poser ce diagnostic alors que vos médecins et même le spécialiste du centre
anti-douleur et le rhumatologue n’y sont pas parvenus (ou n’ont pas pu vous convaincre) ?
A distance, sans avoir pu vous examiner, ni examiner
vos documents, nous ne pourrions que proposer un diagnostic de vraisemblance, celui de fibromyalgie (appelée aussi fibrosite, polyinsertionite, syndrome
polyalgique idiopathique diffus = SPID). Vous trouverez des renseignements en
consultant sur ce site les réponses 354, 600, 633, 704, 765.
Il s’agit d’un syndrome qui atteint une prévalence de
0,5 à 2%, soit près d’un million en France ! Ce syndrome est caractérisé
par une perception anormale de la
douleur (ce qui fait que tout le corps est douloureux), accompagnée souvent
de fatigabilité, de paresthésies, de troubles du sommeil et d’une tendance
dépressive. Le diagnostic est difficile car il n’y a pas de test paraclinique
pour certifier ce diagnostic. Pour le médecin, il s’agit d’abord d’exclure une
cause organique, puis d’appliquer les critères
diagnostics de l’ACR, notamment
en recherchant la sensibité douloureuse
accrue sur 18 points d’insertion.
Le plus souvent, dans cette situation, les patients
mettent en avant leurs multiples symptomes douloureux, demandent de la
considération et de l’aide et réclament un cadre explicatif à leurs douleurs.
C’est précisément dans ce sens que nous avons rédigé cette réponse.
Sur le plan thérapeutique, plusieurs traitements
médicamenteux nouveaux ont été introduits, notamment la Prégabaline. Si ce
diagnostic est confirmé, c’est le centre
de la douleur qui est le plus
compétent pour vous aider.
|