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Votre message évoque pour nous deux questions
distinctes, d’une part celle du diagnostic
et d’autre part celle du traitement.
A vous lire, vous avez donc une PR diagnostiquée en
2007. La seule manifestation clinique dont vous faites état est la
constatation d’un kyste poplité du genou
gauche. Est-il exact que vous n’avez pas ressenti d’autres manifestations sur
d’autres articulations et que votre médecin n’a pas constaté d’arthrite à
d’autres localisations ? Actuellement, peut-on observer une tuméfaction
des petites articulations de mains, les premières « visées » par
cette maladie ?
Apparemment, le diagnostic
de PR est basé essentiellement sur des données biologiques. Nous ne savons pas si, au début, on a pu mettre en
évidence des signes biologiques d’inflammation (augmentation de la VS et de la CRP).
L’attention a été attirée par un facteur rhumatoïde positif (quel résultat,
quel seuil de positivité pour ce laboratoire ?) et par des anti-CCP à 137. Ce dernier examen
est spécifique de la polyarthrite rhumatoïde. Il faut toutefois connaître le
seuil de positivité pour un laboratoire donné : ce seuil est en général de
l’ordre de 100 U/ml. D’autre part, il faut savoir que, en dehors de la
polyarthrite, on retrouve une élévation de ce test en présence d’un psoriasis
cutané, et aussi en cas de tabagisme.
Sur le plan de l’imagerie, nous retenons que les radiographies (des mains ?) ne
montrent pas de signes d’érosion (ces érosions sont en général précédées par
une déminéralisation juxta-articulaire). L’IRM
des mains montrerait une synovite ( difficile à reconnaître s’il n’y a pas
d’autres images pathologiques sur l’os voisin ).
Les réflexions qui précèdent conduisent à une certaine
prudence quant au diagnostic, ceci d’autant plus que trois ans se sont écoulés
depuis le début de cette affection, sans autres manifestations évidentes.
Mais admettons
que, avec des arguments dont nous
n’avons pas connaissance, le
diagnostic est maintenant certifié.
Vous avez reçu pendant les six premiers mois un traitement de Cortancyl (dérivé
de la cortisone). Ce type de médicament apporte une atténuation rapide des
phénomènes inflammatoires, mais il s’agit uniquement d’un traitement dit
suspensif, qui suspend les manifestations, mais qui n’est pas un traitement
causal de la polyarthrite. Ensuite, vous avez reçu depuis bientôt deux ans un
traitement de Plaquenil : il s’agit d’un médicament anti-malarique, qui peut
être classé dans les traitements de fond classiques, mais qui est maintenant
quelque peu délaissé.
Toujours dans l’idée que le diagnostic est confirmé,
il serait donc logique maintenant d’envisager un autre traitement de
fond : le Méthotrexate est en première ligne dans cette classe de
traitement. Il est certainement plus efficace que le Plaquenil, mais il a,
comme tout médicament efficace, des effets secondaires possibles et des contre-indications
que vous connaissez apparemment.
A notre avis, un
passage au Methotrexate (seul ou en association avec un autre traitement de
fond) est pleinement justifié si le
diagnostic est certain, car il serait regrettable de laisser progresser la
maladie sans traitement efficace.
Nous restons à votre disposition. |