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 QUESTION 837

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Je viens de faire une prise de sang à la recherche d'un rhumatisme inflammatoire : j'ai une vitesse de sédimentation de 18 1ère heure et 41 2ème heure crp=18 facteur rhumatoide de type II=238ui/ml. J'ai des douleurs aux mains (avec gonflement dû à la synovie) des hallus valgus aux 2 pieds, des douleurs cervicales intenses et tous les os qui craquent+ diarrhées nocturnes. pensez-vous que ce soit la polyarthrite rhumatoîde ?

 

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Dans le diagnostic de certitude d’une polyarthrite rhumatoïde, la prise de sang n’est qu’un des éléments. A elle seule, cette prise de sang n’est pas déterminante, comme vous le verrez en consultant les réponses 405, 560, 615, 617, 649, 709, 718, 794, 796, 818 et 823.

Il appartient à votre rhumatologue de réunir tous les arguments qui peuvent, en corrélation, conduire à un tel diagnostic. Sur le plan de l’histoire de la maladie  (anamnèse), on retiendra l’horaire (douleurs à maximum nocturne-matinal, avec raideur matinale), la localisation (poignets, articulations métacarpo-phalangiennes et inter-phalangiennes, surtout des 2ème et 3ème rayons, chevilles et articulations basale des derniers orteils), la symétrie des douleurs. A l’examen clinique, votre médecin  peut mettre en évidence les premiers signes de l’inflammation synoviale, sous la forme d’une synovite palpable.

Au stade de début, les constatations cliniques peuvent être confirmées par des radiographies des extrémités ou, si nécessaire, par un IRM ou un examen ultrasonographique des mains.

Les données du laboratoire doivent être interprétées avec prudence. Certes, dans votre cas, l’élévation modérée de la VS et de la CRP parlent pour une composante inflammatoire. Nous ne pouvons pas interpréter le résultat du facteur rhumatoïde, car nous ne connaissons pas la technique et les normes de ce laboratoire (Il faut préciser que le fateur rhumatoïde peut être positif en dehors de la polyarthrite, et que d’autre part beaucoup de polyarthrites évoluent avec un facteur rhumatoïde négatif). Actuellement, c’est la recherche des anti-CCP qui est la plus fiable pour ce diagnostic.

Pour le reste, il faut dire encore que la déformation des gros orteils en hallux valgus n’est pas en elle même une caractéristique de la polyarthrite ; ce qui est caractéristique, c’est la tuméfaction inflammatoire et douloureuse de l’articulation basale du gros orteil. Les « craquements de tous les os » et les douleurs cervicales intenses ne peuvent pas être mis sur le compte d’une polyarthrite, pas plus que les diarrhées nocturnes (pour ces denières, s’agit-il peut-être d’un effet secondaire des médicaments ?)

En conclusion, nous devons dire qu’il est important d’arriver à un diagnostic de certitude, pour envisager, si ce diagnostic se confirme, un traitement efficace.

 

Je voudrais apporter d'autres précisions à ma question N°837, mon rhumato parle de suspiscion de polyarthrite. J'ai passé une scintigraphie osseuse hier qui n'a rien detecté. Est-ce qu'une IRM serait utile, mon médecin m'en a prescrit une mais cela vaut-il la peine ? J'ai aussi de temps à autre et en ce moment même des plaques de boutons au niveau des coudes; est-ce un autre symptôme de la PR ? quant à mes diarrhées elles ne sont pas dues à un traitement, je ne prends pas grand chose à part de l'homéopathie et du laroxyl qui m'a été prescrit suite à un diagnostic de fibromyalgie, il y a 2ans. Mon rhumato a pensé aussi à crohn et je vous avoue que je suis perdue. Merci d'essayer de m'éclaicir les choses.

Votre deuxième message nous apporte un autre point de vue sur votre maladie.

Tout d’abord, les premiers symptômes remontent à 2002, et non pas 2010. Si on a posé il y a deux ans un diagnostic de fibromyalgie, c’est vraisemblablement parce que votre médecin n’a trouvé ni signes cliniques ni signes biologiques en faveur d’une origine inflammatoire. Il s’agit, dans le cas de la fibromyalgie, de douleurs diffuses, concernant plutôt les points d’insertions musculaires que les petites articulations périphériques. Dans ce cas, les examens sanguins n’apportent pas d’arguments en faveur d’une origine inflammatoire. Le diagnostic sera confirmé par la mise en évidence, par le spécialiste, de douleurs électives à la pression sur les points d’insertions musculaires caractéristiques. Voir, sur ce site, les réponses 354 , 600 , 633 , 704 et 765.

Si l’on vous parle, beaucoup plus tard, d’une suspicion de polyarthrite, c’est vraisemblablement en raison de la découverte d’une élévation (modérée) de la vitesse de sédimentation, à moins que votre rhumatologue aie pu mettre en évidence des signes inflammatoires sur les petites articulations périphériques.

Mais voilà, à côté de la polyarthrite rhumatoïde, il existe des polyarthrites associées à une pathologie inflammatoire du gros intestin (rectocolite et maladie de Crohn, voir réponses 224, 415, 608, 672, 677 et 733) et des polyarthrites associées au psoriasis. (Voir réponse  827). Ces « plaques de boutons » au niveau des coudes pourraient-elles correspondre à un psoriasis ? L’avis d’un dermatologue serait très utile. Il serait aussi important de savoir s’il existe des cas de psoriasis dans votre famille.

Pour le diagnostic de polyarthrite, la scintigraphie n’est pas très satisfaisante : en deux mots, une scintigraphie négative n’exclut pas ce diagnostic. Comme nous le disions dans notre première réponse, on donne actuellement la préférence à l’IRM  (éventuellement à l’ultrasonographie). Sur le plan du laboratoire, c’est la recherche des anti-CCP qui est la plus fiable.

 Votre témoignage

 

 

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