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Depuis quelques mois, j'ai commencé par ne plus pouvoir plier les genoux normalement et à avoir des douleurs à la marche. Puis les douleurs sont venues à d'autres articulations, les mains (le + douloureux), poignets, coudes, épaules, hanches, chevilles, pieds, bas du dos; les doigts, le doigt de pied et les chevilles étant souvent enflées et rouge-bleu, en changeant de place. Toutes les articulations manquent "d'amplitude".Le médecin m'a fait un examen sanguin qui était normal. Ayant eu du psoriasis, et une nouvelle poussée (très peu, qui a disparu) lorsque je me suis retrouvée sous anti-inflamatoires, il a conclu à une arthrite psoriasique. Après des radios de la main et du poignet, qui s'avèrent tout à fait normales, ce ne serait pas ça. Je suis donc sous anti-inflammatoires (Brufen et Vioxx), qui ne diminuent pas suffisamment la douleur pour pouvoir dormir suffisamment, et d'après le médecin, il n'y a rien à faire que d'attendre que cela passe tout seul. Les premières douleurs datent de 4 mois. Pour l'instant ça ne fait qu'empirer. Ma question est : n'y a -t-il pas moyen de savoir plus précisément de quel type d'arthrite je souffre, ou cela ne change-il rien, et le médecin peut-il réellement être certain que tout va rentrer dans l'ordre et ces douleurs disparaître ?

 

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Dans les situations où l'inflammation et les douleurs touchent de nombreuses articulations, petites et grandes, il est tout à fait compréhensible que le patient recherche une « étiquette » diagnostique. Il serait rassurant pour lui de savoir que sa maladie est connue et sous contrôle. Avec les moyens qui sont à sa disposition, le médecin recherche aussi, comme le disait un de nos collègues, « une certitude dans un domaine qui est souvent plein d'incertitudes ».

Avec une évolution de plusieurs mois, je pense qu'on peut raisonnablement écarter le diagnostic d'arthrite infectieuse, par exemple d'origine virale : ces arthrites infectieuses ne s'étalent pas au-delà de quelques semaines.

L'atteinte polyarticulaire, bilatérale et apparemment symétrique oriente bien entendu vers le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde, qui débute le plus souvent dans la deuxième ou troisième décade et plus souvent chez la femme que chez l'homme. Dans votre description, deux éléments sont inhabituels : les douleurs du bas du dos et les « enflures rouge-bleu » des chevilles, changeant de place ». Ceci évoquerait plutôt le diagnostic d'arthrite psoriasique (d'autant plus que vous avez eu des manifestations cutanées de psoriasis) ou d'entéro-arthrite (polyarthrite liée à une maladie inflammatoire du gros intestin, telle que la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse). D'autre part, il serait important d'exclure une autre maladie inflammatoire du tissu conjonctif (connectivite) par la recherche des auto-anticorps.

Dans la période initiale de la maladie, on trouve habituellement des signes inflammatoires non spécifiques dans les examens sanguins (élévation de la vitesse de sédimentation globulaire et de la C-Réactive-Protéine). Mais l'absence de facteur rhumatoïde n'exclut pas le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde. De même l'absence d'érosions caractéristiques sur les petits os de la main n'exclut ni la polyarthrite rhumatoïde ni l'arthrite psoriasique.

A ce stade, c'est essentiellement l'examen clinique qui doit permettre le diagnostic différentiel : aspect et surtout répartition des articulations touchées, intensité et variabilité des manifestations inflammatoires, horaire de la raideur articulaire, etc.

D'autre part, s'il existe un épanchement articulaire, les examens du liquide synovial peuvent apporter des précisions supplémentaires.

En réponse à vos questions, je dirai :

  1. La précision du diagnostic n'est pas seulement importante pour vous ; elle influencera le choix thérapeutique.
  2. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens que vous prenez en association n'ont qu'un effet suspensif (effet insuffisant dans votre cas). Après plusieurs mois d'évolution, un traitement de fond doit être envisagé.
  3. Dans toutes ces incertitudes, il existe pour moi une seule certitude : « on ne peut pas être certain que tout va rentrer dans l'ordre et ces douleurs disparaître ».

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